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jeudi 15 juillet 2010
lundi 12 juillet 2010
Ta Vie en Technicolor.
Grande polémique, presque autant que les années 80 ont pu délier les langues et faire parler, à coup de stroboscopes, de maquillage New Romantic, de Boy George et autres Duran Duran.
A mon sens, les années 90 symbolisent à elles seules la désincarnation totale de la décennie précédente. Elle refoule le soufre et le danger, le côté putride de l'artifice.
Dave Gahan pète un câble en 93 et se métamorphose en archange déchu, muni d'ailes en perdition. Trent Reznor se coupe les cheveux, après une ultime coup de maître avec "The Perfect Drug". Le Grunge, pourtant né au milieu des années 80, explose littéralement avec l'apogée de Nirvana et la sacralisation presque immédiate d'un Kurt Cobain hagard, flottant dans ses chemises à carreaux poussiéreuses. La génération Nü-Métal fait son apparition, et la techno et l'Eurodance deviennent des genres à part entière, et ceux qui peuplaient les concerts rock boueux se rendent sur un pied et la tête dans les diamants de Lucy aux rave parties qui éclosent peu à peu.
Moi, ce qui m'intéresse dans ces années 90, c'est avant tout les clips.
J'ai constaté une récurrence des couleurs flashy, voire vomitives, qui rappellent le Technicolor utilisé en cinéma. En partant d'un clip, "Heart-Shaped Box" de Nirvana, j'ai réussi à rallier 9 autres vidéos d'artistes ayant un univers différent mais qui, en un seul clip, peuvent se rapprocher les uns des autres par le traîtement de l'image.
Voyez plutôt :
1) Nirvana - "Heart-Shaped Box" (1993)
Le pionnier du genre, réalisé par Anton Corbijn, réalisateur et vidéaste de génie qui a notamment collaboré avec U2 et Depeche Mode. Extrait de l'album "In Utero".
2) The Smashing Pumpkins - "Today" (1993)
Extrait de l'album "Siamese Dream". Le clip dénote par sa plénitude, qui n'a rien à voir avec les paroles, plutôt sombres. On retrouve le camion de glace dans un autre clip de cette même liste.
3) Soundgarden - "Black Hole Sun" (1994)
Extrait de l'album "Superunknown". Chris Cornell et sa bande évolue dans un univers quasi-apocalyptique, genre trou noir et gros yeux et bouche baveux. Flippant, mais tellement bon.
4) Garbage - "Only Happy When It Rains" (1995)
Extrait de l'album "Garbage". La féline Shirley Manson nous en "grungise" un coin avec sa voix vicieuse et insidieuse et sa chevelure flamboyante. Electrisant.
5) Red Hot Chili Peppers - "Aeroplane" (1995)
Extrait de l'album "One Hot Minute". Anthony Kiedis se dandine cheveux aux fesses, le torse nu de rigueur, accompagné d'un Dave Navarro tatoué et survolté. On aime.
6) No Doubt - "Don't Speak" (1995)
Extrait de l'album "Tragic Kingdom". Cette chanson évoque la séparation de la chanteuse Gwen Stefani d'avec le bassiste Tony Kanal après 7 années de relation. Une jolie perle, qui nous fait presque regretter l'envolée solo de la bombasse blonde, mais le groupe est de retour depuis 2009 avec un nouveau single "Stand and Deliver", reprise du groupe Adam & The Ants.
7) KoRn - "Got The Life" (1998)
Extrait de l'album "Follow The Leader". La bande à Jonathan Davis pare cette fabuleuse chanson d'une rythmique presque disco, qui secoue bien les cages à miel, comme dirait ce cher Francis Zégut. Assurément un hit.
8) Coal Chamber - "Loco" (1998)
Extrait de l'album "Coal Chamber". Du métal à l'état brut, avec le retour du camion de glace, et même si ce n'est pas Billy Corgan au volant, c'est assurément un gars complètement "loco". Le hurleur en chef Dez Fafara, au nom aussi exotique qu'original, distille son métal matiné d'indus, de gros riffs singlants et une basse complètement groovy.
9) Oomph! - "Das Weisse Licht" (1999)
Extrait de l'album "Plastik". Revoilà mes teutons préférés ! L'ambiance du clip se rapproche assez dangereusement de celle de "Black Hole Sun", cité plus haut ; genre banlieue arriérée avec des gens pas très recommandables. Un petit côté "Edward Aux Mains d'Argent" tinté de métal hargneux.
10) Stone Temple Pilots - "Sour Girl" (1999)
Extrait de l'album "N°4". Oui, oui, je sais, je suis un peu obsédée par cette chanson, que j'ai connu grâce à son clip. Le vénéneux et ondulant Scott Weiland se suffit à lui-même dans cette vidéo, même si l'on remarque la présence d'une certaine tueuse de vampires qui a allumée nos années 90 en mode jean baggy et t-shirt Volcom.
Emmanuel D.
vendredi 9 juillet 2010
Playlist de l'été ; Pour ceux qui oublient leurs principes en été et l'assument, même en sueur.
Il n'est pas toujours facile d'être gothique en été, ne serait-ce que pour s'habiller. Garder coûte que coûte ses Docs et son perfecto n'est pas sans peine. Cela dit, les Djs Dar(k) Dar(k) vous propose une playlist idéale pour vous aider à mieux supporter de cuire aux plus près des flammes de l'enfer.
Rain of Gold (Demo)- Young Empires
Une petite légèreté sucrée qui fait du bien aux esgourdes, et qui fait shaker le booty pour notre plus grand plaisir.
She & Him - In The Sun
Une chanson très justement nommée qui ramène un peu de chaleur dans nos vies de citadins sur-pollués (Greepeace, sors de ce corps !). Avec en prime, et non des moindres, la jolie voix de l'actrice Zooey Deschanel, dont j'aurai l'occasion de vous parler dans ces pages.
Katy Perry - California Gurls
Une chanson survitaminée et garantie avec caries dentaires, mais un délicieux moment, plein de vanille et de glaces à la crème. A déguster sans compter (les calories).
Stone Temple Pilots - Sour Girl
Une chanson qui n'est pas toute récente, mais qui fait du bien, ensoleillée et rondement menée par la voix über-sexy du non moins über-sexy lui-même Scott Weiland. Par contre, le clip ne rappelle en rien les plages de sable fin, il est plutôt sombre, mais que voulez-vous, l'attrait pour la nuit est irrépressible ^^
N.E.R.D - Hot N' Fun
Le délicieux Pharell Williams s'accoquine avec Nelly Furtado pour une chanson à la rythmique irrésistible. De quoi saigner sur le dancefloor. Pardon ? Qui a dit qu'on était pas de vrais goths ? ^^
David Guetta feat. Kid Cudi - Memories
Bon, on sait, cette chanson n'est sûrement plus un secret pour personne, on l'a pas sorti de notre haut-de-forme, mais il faut avouer qu'elle balance la purée (oups!). Et puis, même si je n'ai pas une affection particulière pour notre David Guetta(aaaaaaaaaa) national, j'ai tendance à encourager à mort cette chanson, surtout pour Kid Cudi.
Stromae - Te Quiero
J'aime l'électro simpliste et efficace de ce petit bonhomme et son phrasé très Jacques Brel. De quoi se "dandyner" avec plaisir et volupté.
Shaka Ponk, French Touch Puta Madre
By this River-Brian Eno
Emmanuel D. & Paola Knox.
Inspiré par Paola à 23:35 5 Psaumes
J'vois pas le rapport : best coast, dancefloor, goth, Katy Perry, Kid Cudi, nerd, sonic youth, young empires
mardi 29 juin 2010
Deutsche Musik Über Alles
Il est clair que, en matière de musique, l'Allemagne s'est toujours montrée prolixe, contrairement à nous, pauvres petits français chauvins.
Au même titre que l'Angleterre et son foisonnement incessant de groupes, l'Allemagne nous propose toujours des formations plus ou moins intéressantes, surtout dans le domaine des musiques extrêmes ; citons parmi elles les joyeux lurons de Rammstein, indéniablement reconnus, Lacrimosa, le KMFDM de Sascha Konietzko, Die Krupps, Accept, Helloween, et bien sûr, Scorpions, ces fiers papys chevronnés qui continuent d'enflammer les foules.
La new-wave n'est pas en reste avec X-Mal Deutschland, Propaganda, Deutsche Amerikanische Freundschaft (D.A.F) , la prêtresse punk Nina Hagen ou bien encore Klaus Nomi et les robotiques Kraftwerk.
La mouvance dark-wave/gothique des années 90 redonnent un coup de semonce à une scène plutôt foisonnante, souvent peu qualitative mais assurément quantitative ; ce sont donc Project Pitchfork, Deine Lakaien, Das Ich et autres Sopor Aeternus qui viennent regonfler les rangs de la musique teutonne.
J'essaie le plus possible de pas me cantonner à l'éternel carcan, c'est-à-dire à constamment redorer le blason de Rammstein encore et encore.
Non pas que le groupe ne soit pas bon, bien au contraire, mais ce sont sûrement des considérations débiles de puriste qui tente de connaître (et faire connaître) de nouvelles formations autrement plus intéressantes.
Dans l'imaginaire adolescent, Rammstein figure en bonne place aux côtés de KoRn, Marilyn Manson et Cradle of Filth, ce que j'appelerais "la Sainteté", les incontournables que tout un chacun (fan de ce genre de musique je m'entends) a un jour écouter pour se sentir fort et puissant, avec son corpse-painting sur la face et les doigts tordus par des heures de gratte endiablées pour égaler les grands.
Non pas qu'il faille blamer ces groupes (je suis moi-même souvent sujette à des relents d'amour incommensurables pour Manson et KoRn, les vestiges d'une adolescence-cheveux aux fesses et jean baggy Jennyfer).
Bref, tout ça pour dire que j'ai trouvé mon antidote à Rammstein et à l'instinct grégaire ambiant : j'ai nommé Oomph!
Balloté entre deux cultures (le chanteur Dero Goi s'époumone aussi bien en anglais et en allemand, avec la même maestria), le style du groupe oscille entre EBM (Electro-Body Music, pour les néophytes ^^), métal et gothique.
Les premiers albums sont assez confidentiels, à partir d'Unrein, en 1998, le groupe se raccroche à la branche gothique, s'ensuivront deux albums plus mélodiques, qui visent un auditoire plus conséquent, bien qu'ils divisent tous deux par leurs prises de risque (Plastik, 1999 et Ego, 2001).
C'est en 2004, avec l'album "Wahrheit Oder Plicht" et son über-hit "Augen Auf!" que le groupe connaît une véritable consécration.
Je trouve que le groupe est, qualitativement parlant, plutôt génial et novateur, même s'il faut reconnaître que tout se ressemble arrivé à un moment.
A l'instar de Rammstein et de son hurleur en chef Til Lindermann, Oomph! possède une véritable identité et une personnalité forte à sa tête.
Oui oui, j'adoooore faire de la lèche aux teutons, c'est mon petit côté allemand 1ère langue !
dimanche 27 juin 2010
Si si la famille.
How To Destroy Angels, quel nom de merde ; en plus, c'était déjà un peu pris - Coil avait intitulé son premier album comme ça. Puis le principe est loin d'être génial. Trent Reznor se la joue en famille maintenant, "bonjour je suis heureux en ménage et je le montre", pardon mais ça fait un peu sept à la maison tout ça. Et son épouse, qu'est-ce qu'elle est moche. Quand on la voit on hésite à dire si c'est un homme, une femme ou un alien. À priori, donc, rien de bien bandant. On serait même tenter de rejeter le tout par principe ; finalement, ne préfère-t-on pas garder l'image d'un Trent Reznor génial à l'image de celui du Downward Spiral ?
Inspiré par Paola à 00:51 5 Psaumes
J'vois pas le rapport : How To Destroy Angels, Mariqueen Maanding, si si la famille, Trent Reznor
dimanche 20 juin 2010
Making Your Amends To The Dead
Le problème, avec les all-star bands, c'est que l'on s'imagine que ça va forcément cartonner. Parce que tous les éléments sont réunis pour que le succès soit indiscutable.
Et puis, c'est le fantasme de tous les afficionados un peu éclairés sur le sujet ; qui n'a jamais spéculé sur le groupe ultime, celui qui se composerait de tous nos artistes tant aimés, "Vous prendrez bien un peu de Tommy Lee à la batterie ?" et "Oh tiens ! Si on se prenait un petit Ozzy de derrière les fagots pour les vocals ?".
Enfin bref, le all-star band est une manne qui attisera forcément curiosité et intérêt.
L'émission Headbangers' Ball sur MTV en fait son principe, on a vu les Velvet Revolver, et ses transfuges des Guns'n'Roses, menés par le reptilien Scott Weiland, de Stone Temple Pilots.
A Perfect Circle, c'est un peu la quintessence de l'indé réunie en un mégaband qui détonne.
On reconnaît tout d'abord la voix et l'âme du groupe, Maynard James Keenan, chanteur de Tool, qui ici, s'éloigne de la bestialité et de la lourdeur de sa formation originale pour flirter avec des rivages plus clairs.
Puis Billy Howerdel, guitar tech pour Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins ou les Guns notamment.
Josh Freese, batteur des Vandals, puis de nombreuses formations telles que Nine Inch Nails, Suicidal Tendencies et j'en passe.
Troy Van Leeuwen, artiste multi-instrumentiste crédité sur de nombreux albums de néo-métal (Coal Chamber, Crazy Town, KoRn), il pallie au départ du géniallissime Nick Olivieri des Queens Of The Stone Age, en devenant un membre pilier de la formation.
Et puis, Paz Lenchantin, artiste d'origine argentine, qui officie à la basse et au violon, a collaboré à l'album "Song For The Deaf" des QOTSA et accompagne Melissa Auf Der Maur sur quelques titres de son premier album éponyme.
James Iha, guitariste, transfuge des Smashing Pumpkins.
N'oublions pas l'acolyte maléfique de Marilyn Manson, Jeordie White (Twiggy Ramirez) qui, délaissant ses frusques de petite fille dégénérée, remplace au pied levé la belle Paz à la basse.
Ce qui fait l'efficacité du groupe, c'est bien entendu l'apport de Maynard James Keenan, hurleur en chef de Tool, qui ici, fait preuve d'une certaine maîtrise pour nous délivrer des émotions plus proches de nous, tandis que Tool avait l'habitude d'un panel de sensations plutôt distanciées, âpres à l'écoute, et auxquelles il est souvent difficile d'adhérer à la première oreille tendue, tant la musique y est dense et étirée au maximum.
Le premier album, "Mer de Noms", sorti en 2000, étaye un rock frondeur, puissant, avec des moments d'accalmie qui prélude à une haine encore plus féroce.
Des titres comme "The Hollow" et "Judith" (portée par le clip haletant de David Fincher), montrent un crescendo saisissant. La sublime ballade " 3 Libras" évoque les harmonies que l'on retrouvera plus sur l'album suivant, "Thirteenth Step", sorti en 2003.
L'album connaît un certain apaisement, des chansons comme "The Package" ou "The Noose" témoignent d'un mysticisme qui leur va comme un gant.
L'intérêt de l'album est plutôt relatif, même si l'on distingue des perles telles que la reprise de Marvin Gaye, "What's Going On" et "Peace Love And Understanding" de Nick Lowe.
La qualité du groupe est indiscutable, tant et si bien (je vous fais part de mon expérience personnelle bouuuh! ^^) que ma première écoute, qui dura au bas mot 20 secondes, me fit adhérer au groupe de manière immédiate et définitive. C'était "Weak And Powerless" et je dois admettre que l'on s'en remet difficilement.
Depuis 2004, plus de nouvelles du groupe.
Et, je découvre aujourd'hui, dans mes fouineries internet quotidiennes, une petite news qui fait plaisir ; en effet, sur le site BLABBERMOUTH.NET, on peut lire ceci, daté du 18 juin 2010 :
"According to The Pulse of Radio, A PERFECT CIRCLE, the band featuring TOOL's Maynard James Keenan on vocals and Billy Howerdel on guitar, seems like it's definitely coming back to life again after a six-year hiatus. Howerdel's band ASHES DIVIDE performed at Hollywood's Viper Room on Wednesday night (June 16), where Howerdel told the Antiquiet that a full album and tour were possible for A PERFECT CIRCLE, and that the band was working on "something" that should be out later this year.
Keenan hinted to The Pulse of Radio a while back that A PERFECT CIRCLE might release new music, although not necessarily an entire album. "I doubt if we'll do any touring or, you know, do a full album," he said. "We might do some one-off shows here and there if the timing's right and it seems like a good vibe and a smart thing to do. But most likely we'll just kind of concentrate on, you know, one or two songs at a time, rather than investing all the time and money and effort into making those plastic discs that no one cares about anymore." "
Espérons que l'état d'orphelin dans lequel nous nous trouvons présentement se dissipera bientôt.
Mes agneaux, je vous salue.
Emmanuel D.
Inspiré par Anonyme à 15:22 2 Psaumes
J'vois pas le rapport : all star band, APC, Maynard James Keenan, Mer de Noms
jeudi 14 janvier 2010
Des Sons dans Votre Univers et de la Foi dans Votre Dévotion

Buvez à la Sainte Coupe des Musiques Universelles !
Celles qui tiennent au corps comme un hiver tenace, qui enchantent les matins pluvieux et dynamisent une déjà bien belle journée qui s'annonce.
Elles nous enchaînent et se déchaînent en nous, fastueux délice.
Les superlatifs sont l'enrobage à un groupe déjà bigrement pourvu de tous les superlatifs possibles, je ne fais qu'ajouter un caillou à un édifice bien ancré.
Parler de Depeche Mode, c'est comme déguster lentement avec le doigt le reste d'une glace au caramel, suave et sucrée, et d'en recommander une autre parce que oui, cela est bel et bon.
C'est s'affranchir des codes, se crêper les cheveux, faire l'amour, le refaire, jouer à faire le beau.
Depeche Mode sont les rois, au sommet de leur art depuis bientôt 30 ans, et rien ne peut les détrôner de leur étincelant piédestal.
C'est une histoire somme toute banale que celle des gars de Basildon, cité-dortoir et mouroir des adolescents en mal de sensations.
L'idéal pour passer de la composition de sons à la mode rapide.
Vince Clark, Martin Gore et Andrew Fletcher s'échappent dans la musique pour éviter de dépérir.
C'est lorsqu'il découvre le jeune Dave Gahan, rebelle punk bien dans ses boots, leur interprétant "Heroes" de David Bowie que la machine infernale se met en branle, pour ne jamais s'assoupir.
Le quatuor timide d'échevelés notoires enclenche sa marche impériale avec "Speak and Spell" en 1981, album sautillant s'il en est, composé majoritairement par Vince Clarke, le quatrième luron qui, bientôt harassé par le succès, préférera quitter la formation, laissant les trois restants un peu sur la paille avant l'arrivée d'Alan Wilder, qui va vraiment apporté au son de Depeche Mode sa couleur particulière.
La carrière du groupe est jalonné de moments intenses jusqu'à l'extase pure, entre effluves alcoolisées et traînées blanches envoyées de par le nez, un poison insidieux mais tellement jouissif, qui annoncent aussi la chute.
Faisant suite à la trilogie berlinoise, formée des albums "Construction Time Again" , "Some Great Reward" et "Black Celebration", l'épique "Violator", produit par Flood, est le Graal pour tout fan de DM qui se respecte. Une fine pierre ciselée de titres devenus ancestraux, à l'image de "Personal Jesus", "Enjoy The Silence" et "World In My Eyes". L'album de la maturité mais aussi de la descente dans les abysses. Le groupe sort éreinté de la tournée qui s'ensuit, et devient l'ombre de lui-même, déchiré par des mésententes internes qui annoncent une fin inéluctable.
Le retour, en 1993, avec "Songs of Faith and Devotion" marque le climax de cette chute, qui ne sortira la tête de l'eau qu'à la sortie, trois ans plus tard, de l'aérien et feutré "Ultra", avec un Dave Gahan régénéré et à la voix toujours aussi divine.
Depuis lors, Depeche Mode s'est inscrit dans la durée, avec des albums égaux en qualité, sans réelles surprises et innovations, mais qui ont permis de forger une identité musicale et une reconnaissance par la scène techno naissante, qui a adoubé nos trois cabaleiros coiffeurs, les érigeant en papes incontestés.
Tout est bon dans l'cochon, comme on dit, mais dans le rosbeef aussi !
L'Angleterre reste une manne pour la musique actuelle, déversant son flot (et son flow !) de groupes à mèches et héritiers des Stones ou des Beatles, mais il faut bien dire aussi que les anciens ont toujours voix au chapitre et se débrouillent, comment dire, plutôt bien.
