Alors que je m'apprêtais à publier un superbe article sur Einstürzende Neubauten, que dis-je, alors même que j'étais entrain de cliquer sur le bouton orange-moche PUBLIER LE MESSAGE, voilà que Blogspot m'efface le contenu de mon article. J'avais les nerfs, je te dis pas comment. Tellement en fait que je me la sens pas trop de tout retaper pour le moment, c'est encore trop frais, trop douloureux, mais je te le jure, avant la fin de l'année tu auras ton article spécial 30 ans d'Einstürzende Neubauten.
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mardi 28 septembre 2010
Tant pis.
samedi 11 septembre 2010
Dead Man Dying
La green attitude, c'est un état d'esprit. Manger exclusivement des conserves Géant Vert, ne pas oublier sa panoplie verte à la Saint Patrick, sous peine de se faire taper sur le dessus du crâne par les lutins guillerets, se saouler au Get 27, aimer s'allonger dans l'herbe.
Mais c'est aussi le nouveau noir, le vert.
Le 14 avril 2010, je suis à Berlin, et j'apprends la mort de Peter Steele.
Autant dire que mon coeur a saigné. Il suintait verdâtre. Par quel phénomène chimique, ça, je ne saurais le dire.
Dans tous les cas, j'ai vu s'envoler ma chouette carapace de demoiselle goth, et toutes mes consœurs poussant les haut-cris, complainte déchirante. Bela Lugosi n'est pas mort, mais Peter Steele oui.
Plutôt curieux pour un être si définitivement morbide, que de se voir affronter la Faucheuse en duel.
Le génie de Type O Negative réside dans sa parfaite auto-dérision, le jeu constant du chat mort et de la souris. Et l'apport d'une musique pesante, mais toujours sexy en diable et dégoulinant, comme un sirop d'entrejambe (oui, bon, on passera sur cette comparaison un peu "cavalière").
La mayonnaise prend (désolé) facilement, on se laisse vite berner par ces Vikings au teint olive qui vous arnaque avec leur style improbable, mélange déroutant de hardcore-trash/doom/métal et cette facette lourde, romantique à souhait.
1993 marque la sortie de l'album "Bloody Kisses", premier succès commercial du label Roadrunner Records. La virtuosité de la galette se ressent dès "Christian Woman", chanson-fleuve à la gloire du péché. "Black N°1" est LA chanson référence pour toutes ces filles qui ont les racines apparentes, passant leur temps à se teindre en noir.
Bref, un bijou ciselé dans le granit.
"October Rust" paraît en 1996 et confirme la tendance romantico-baroque du groupe, avec des chansons lentes à ramper sur le ventre, dont les très belles "Love You To Death" et "Be My Druidess".
A partir de là, leur mode de fonctionnement reste similaire ; une musique lourde, entêtante, venue du dedans.
Le point fort du groupe, s'il en est, est sa maîtrise totale du délire le plus débridé, le plus sous-ceinturé, le plus grivois. Peter Steele et ses camarades Josh Silver, clavier, Kenny Hickey, guitariste, et Johnny Kelly, batteur s'ébattent dans des sauteries pipi-caca plus que jouissives, en témoigne le live de l'année 1999 intitulé "Symphony For The Devil", où l'on assiste backstage à tout un tas de règlements de compte sous forme de chat-bite et de dessins sur le visage, du plus bel effet.
Type O a toujours été controversé, et déclare, après les accusations de nazisme et autres fascismes datant de 1991 et de l'album "Bloody Kisses" (la chanson "Kill All The White People" plus particulièrement) :
«Type O endosse la responsabilité de presque tous les désastres majeurs des deux derniers millénaires : de la crucifixion du Christ, au trou dans la couche d’ozone en passant par la guerre du golfe et le Sida.»
De quoi faire tiquer. Mais c'est bien cela qui est bon chez nos bonshommes verts ; l'auto-dérision et autres drôleries du même acabit sont peu fréquentes dans les formations metal qui se prennent parfois pour les chevaliers de l'Apocalypse.
Le mérite de Type O, outre d'avoir inondé les sous-vêtements de nombreuses jeunes filles en fleur, est d'avoir aussi, et surtout, apporter une âme à une musique parfois dur à recevoir, assumant parfaitement la part de féminité qu'il peut y résider.
Alors Pete, so long my friend, et....CHAT-BIITE !
jeudi 26 août 2010
Souviens toi, c'était l'été Indien.

Paola Knox.
Inspiré par Paola à 07:43 7 Psaumes
J'vois pas le rapport : air, asaf avidan and the mojos, été indien, nostalgie, perfume genius, the national
vendredi 30 juillet 2010
Top 5 - Parce qu'on est trop cheap pour le Top 50, t'as vu.




1) Phoenix - 1901
Mon dernier concert ; je crois que je n'ai jamais vu show plus orgasmique que celui de nos classieux frenchies. Bien rôdés, humbles juste ce qu'il faut pour faire craquer nos culottes, leur son est indéniablement calibré pour le dancefloor, avec ce twist de french touch qui rend accro.
"1901" est tiré du dernier album "Wolfgang Amadeus Phoenix", sorti en 2009.
2) Maniac Lover - The Hillbilly Moon Explosion
La nouvelle sensation rockabilly des années 10. Une énergie tout droit sortie des 50's/60's, une esthétique tout en hot-rod et pin-up.
Alors qu'on pressent un retour en force des Teddy Boys et autres Pink Ladies "greasesque", les Hillbilly Moon Explosion arrive à point nommé avec "Raw Deal", album survitaminé et énergique.
3) Lilly Wood & The Prick - Down The Drain
Duo formé de Nili Hadida, l'Israélienne, et de Benjamin Cotto, le Français, Lilly Wood & The Prick distille en anglais de délicieuses comptines un peu cruelles, un peu sucrées.
Le nom du groupe est en lui-même un paradoxe ; Lilly Wood est une jeune fille tendre, et le "Prick", que l'on peut traduire par "le petit con" , "le petit branleur".
"Down The Drain" est un morceau agréable et bercé d'une voix rêveuse.
4) Empire of the Sun - Half Mast
Empire Of The Sun, duo australien, proclame son attachement aux années 80 esthétiques et décalées. Voix aiguës, nuage électronique, et un beat entêtant, pour se déhancher indéfiniment.
5) Florence and the Machine - Dog Days Are Over
La rousse Florence Welsh et sa Machine diaboliquement épique nous offre une douce mélopée, comme émergée d'une forêt ancestrale, peuplée de créatures magiques (ouais bon, j'arrête les allusions franchement "Seigneur des Anneaux" !).
Cette chanson lui a été inspirée par une installation (œuvre d'art qui use de différents médias pour offrir une expérience au spectateur d'un espace particulier ou de circonstances déterminées).
mardi 27 juillet 2010
Ce qui fait planer Marilyn rend Manson plus fort.
Individu ô combien publique, entité anthropomorphique aux visages aussi différents que ceux de Michael Jackson au fil des années, une capacité à renouveler son persona avec un enthousiasme totalement délirant, une machine "tubesque" bien rôdée qui tend à un seul but ; vous punir sévèrement de n'être que des cloportes mal embouchés.
Marilyn Manson, c'est ça ; un sale gosse qui ferait des tartes aux pommes pour sa mère grand, un terroriste qui enterrerait dignement les victimes de son jihad, un artiste profondément underground dans l'idée, mais insensiblement médiatisé et sur lequel les spots se braquent, parce que cela est bel et bon.
Alors, par ici la polémique ; mon but n'est pas de faire la nique aux partisans du "il s'est fait enlever une côte pour s'auto-administrer une turlute royale" ou "il martyrise des canaris sur scène et leur mange la tête, genre Bernie" ou bien "Mais nan t'es ouf, c'est pas une lentille, c'est un oeil de verre".
Non.
N'est pas Perez Hilton qui veut. D'accord, ça peut être cool de se payer la tête du vilain Manson, au patronyme tout à fait antinomique.
Mais il faut avouer que c'est bien grâce lui que la plupart des irréductibles fan de musique ont mis la main aux fesse du Côté Obscur.
Avant les sombres et puantes années 90, Marilyn Manson était Brian Warner (appelation d'origine incontrôlée), un Spooky Kid énervé qui avait un groupe en "Trucmuche et les Trucmachins". En l'occurrence, des Spooky Kids. Accompagné de son éminence grise, mélange hérétique entre l'icône mode du Swinging London, Twiggy, et le serial-nocturne "Night Stalker" Richard Ramirez, le "wacko latino", tueur en série et fan de heavy metal, il s'attaque à la scène sombre avec véhémence et avec l'air d'un Willy Wonka dégénéré.
Premier album : "Portrait of An American Family" (1994) ; Manson se veut l'anthropologue d'une Amérique sclérosée et adepte du "couch potatoe" maléfique.
Récidive un an plus tard, avec "Smells Like Children", bande-son hallucinée et empoisonnée d'une épopée enfantine.
Le pinacle arrive l'année suivante et se nomme "Antichrist Superstar" ; macabre et gavé de toiles d'araignée, il marque l'apogée du malsain et la fin d'une collaboration fructueuse, celle d'avec son mentor, Trent Reznor, leader pas tranquille de Nine Inch Nails.
L'album suivant, paru en 1998, "Mechanical Animals", est un pur chef-d'œuvre organique, hommage non-dissimulé au faste du Bowie des années 70, notamment Ziggy Stardust.
1999 ; année du massacre de Columbine. Manson réplique aux accusations qui lui sont portées par un album enfanté douloureusement, et intitulé "Holy Wood".
A partir de là, la carrière du grand Ponte du Farcesque et du Grotesque perd un peu pied, même si l'album "The Golden Age of Grotesque" (2003) comporte quelques sympathiques hymnes capables de réveiller les plus morts d'entre nous.
Divergences amoureuses, notamment avec l'effeuilleuse en chef Dita Von Teese, et clip torride avec sa nouvelle jeunette, Evan Rachel Wood, dans le cadre de l'album "Eat Me, Drink Me" (2006), le Révérend se perd un peu musicalement, notamment après la rupture d'avec l'inénarrable Twiggy Ramirez, parti batifoler chez A Perfect Circle et Nine Inch Nails entre autres.
Récemment, la maison de disque de Manson l'a congédié, pour ventes insuffisantes...
Plutôt ironique pour celui qui démocratisa le metal de manière outrancière, se jouant des médias avec une habileté presque (m)obscène. Haha.
Jamais homme n'aura autant divisé les esprits ; malgré tout, il demeure un artiste complet et visuellement intense, c'est un peu notre Lady (Doll-Da)Gaga (Buzz-Buzz-Ziggety-Zag) à nous.
Parce que nous sommes tous des nobodies, qui veulent être somebodies.
Inspiré par Anonyme à 05:52 1 Psaumes
J'vois pas le rapport : Antichrist, Manson, Ramirez, spooky kids, Trent Reznor
jeudi 15 juillet 2010
lundi 12 juillet 2010
Ta Vie en Technicolor.
Grande polémique, presque autant que les années 80 ont pu délier les langues et faire parler, à coup de stroboscopes, de maquillage New Romantic, de Boy George et autres Duran Duran.
A mon sens, les années 90 symbolisent à elles seules la désincarnation totale de la décennie précédente. Elle refoule le soufre et le danger, le côté putride de l'artifice.
Dave Gahan pète un câble en 93 et se métamorphose en archange déchu, muni d'ailes en perdition. Trent Reznor se coupe les cheveux, après une ultime coup de maître avec "The Perfect Drug". Le Grunge, pourtant né au milieu des années 80, explose littéralement avec l'apogée de Nirvana et la sacralisation presque immédiate d'un Kurt Cobain hagard, flottant dans ses chemises à carreaux poussiéreuses. La génération Nü-Métal fait son apparition, et la techno et l'Eurodance deviennent des genres à part entière, et ceux qui peuplaient les concerts rock boueux se rendent sur un pied et la tête dans les diamants de Lucy aux rave parties qui éclosent peu à peu.
Moi, ce qui m'intéresse dans ces années 90, c'est avant tout les clips.
J'ai constaté une récurrence des couleurs flashy, voire vomitives, qui rappellent le Technicolor utilisé en cinéma. En partant d'un clip, "Heart-Shaped Box" de Nirvana, j'ai réussi à rallier 9 autres vidéos d'artistes ayant un univers différent mais qui, en un seul clip, peuvent se rapprocher les uns des autres par le traîtement de l'image.
Voyez plutôt :
1) Nirvana - "Heart-Shaped Box" (1993)
Le pionnier du genre, réalisé par Anton Corbijn, réalisateur et vidéaste de génie qui a notamment collaboré avec U2 et Depeche Mode. Extrait de l'album "In Utero".
2) The Smashing Pumpkins - "Today" (1993)
Extrait de l'album "Siamese Dream". Le clip dénote par sa plénitude, qui n'a rien à voir avec les paroles, plutôt sombres. On retrouve le camion de glace dans un autre clip de cette même liste.
3) Soundgarden - "Black Hole Sun" (1994)
Extrait de l'album "Superunknown". Chris Cornell et sa bande évolue dans un univers quasi-apocalyptique, genre trou noir et gros yeux et bouche baveux. Flippant, mais tellement bon.
4) Garbage - "Only Happy When It Rains" (1995)
Extrait de l'album "Garbage". La féline Shirley Manson nous en "grungise" un coin avec sa voix vicieuse et insidieuse et sa chevelure flamboyante. Electrisant.
5) Red Hot Chili Peppers - "Aeroplane" (1995)
Extrait de l'album "One Hot Minute". Anthony Kiedis se dandine cheveux aux fesses, le torse nu de rigueur, accompagné d'un Dave Navarro tatoué et survolté. On aime.
6) No Doubt - "Don't Speak" (1995)
Extrait de l'album "Tragic Kingdom". Cette chanson évoque la séparation de la chanteuse Gwen Stefani d'avec le bassiste Tony Kanal après 7 années de relation. Une jolie perle, qui nous fait presque regretter l'envolée solo de la bombasse blonde, mais le groupe est de retour depuis 2009 avec un nouveau single "Stand and Deliver", reprise du groupe Adam & The Ants.
7) KoRn - "Got The Life" (1998)
Extrait de l'album "Follow The Leader". La bande à Jonathan Davis pare cette fabuleuse chanson d'une rythmique presque disco, qui secoue bien les cages à miel, comme dirait ce cher Francis Zégut. Assurément un hit.
8) Coal Chamber - "Loco" (1998)
Extrait de l'album "Coal Chamber". Du métal à l'état brut, avec le retour du camion de glace, et même si ce n'est pas Billy Corgan au volant, c'est assurément un gars complètement "loco". Le hurleur en chef Dez Fafara, au nom aussi exotique qu'original, distille son métal matiné d'indus, de gros riffs singlants et une basse complètement groovy.
9) Oomph! - "Das Weisse Licht" (1999)
Extrait de l'album "Plastik". Revoilà mes teutons préférés ! L'ambiance du clip se rapproche assez dangereusement de celle de "Black Hole Sun", cité plus haut ; genre banlieue arriérée avec des gens pas très recommandables. Un petit côté "Edward Aux Mains d'Argent" tinté de métal hargneux.
10) Stone Temple Pilots - "Sour Girl" (1999)
Extrait de l'album "N°4". Oui, oui, je sais, je suis un peu obsédée par cette chanson, que j'ai connu grâce à son clip. Le vénéneux et ondulant Scott Weiland se suffit à lui-même dans cette vidéo, même si l'on remarque la présence d'une certaine tueuse de vampires qui a allumée nos années 90 en mode jean baggy et t-shirt Volcom.
Emmanuel D.
